La blessure

Aujourd’hui je cède la place à une Mum N Run : Aurélie. Aurélie s’est blessée il y a quelques temps et souhaite faire profiter les autres de sa douloureuse expérience.

Alors ici je ne vais vous parler de ma blessure à proprement dit, ou des soins, ou encore de la rééducation que j’ai du faire.
Je vais plus évoquer avec vous, « l’avant »… de ce qui m’a emmené à me blesser. Ma kinésithérapeute (une amie) m’a fait comprendre quelques petits trucs.

Je vous parlerai aussi de « l’après », de ma nouvelle façon de voir le running, grâce ou malheureusement à cause de ma tendinite.

Avant ma blessure

On resitue: Auré 35ans, maman de deux garçons, adepte du running depuis 20mois au moment ou ma fesse et ma cuisse me lâche.
Adepte est un faible mot car j’ai été vite, beaucoup trop vite. Je peux me l’avouer maintenant, en ayant pris un de recul, et surtout après avoir échangé avec ma kinésithérapeute.

Un marathon seulement 14 mois après débuté la CAP, c’est réalisable (la preuve !) mais cela laisse des traces.
Sortie en dessous 10kms ? Hors de question.
Se fixer des challenges : comme courir tous les jours 10kms sur 7jours.

Et ca… C’était dès les débuts, vers 3-4 mois de CAP. La suite s’est affolée encore plus.
Ne pas faire de sortie à jeun au moins deux fois/sem? Hors de question.
Faire vite, faire fort, faire mal et tout le temps : zéro répit, la course me libère d’un mal. Mon corps suit, mes chronos s’affolent et j’en ressens un bien fou. Je ne parle que de ca, me lève à 5h du mat’…
Je vais pousser le vice a comptabiliser en août dernier 100kms dans la semaine.

Mais après tout, ça roule alors je continue.

1er alerte: sept 2014

Je reprends le travail, ça va se compliquer car deux mois plus tard je veux courir mon 1er marathon.
Alors commence la CAP que je qualifierai de « fatigante ».
La prepa nous impose un rythme fou: fractionnés, courir à la moindre pause au travail, tard la nuit, tôt le matin, les week-end n’existent plus, …

La fatigue se ressent, pour ne pas gêner la cellule familiale le week-end je cours tôt (et a jeun !). Samedi, dimanche, pas de week-end, pas de répit.

Au fur et à mesure des semaines ou j’encaisse les kms, je vois mes tendons se faire la belle…
Premier bobo, je me stoppe une semaine. Je prends moyennement de recul. Je ferai ce marathon bandés au niveau des deux tendons.

Après le marathon je renquille direct. Pas pause, la semine suivante je repars comme ci de rien était.

Seconde alerte, janvier 2015

Je veux battre mon RP au semi-marathon. Je me fais une prepa aux petits oignons bien salés comme j’aime !
J’ai du « saler » trop… Premier fractionné je ressens un « truc » dans la fesse.

Aller ce n’est rien me dis-je, pas moi : c’est impossible.
Alors je force, je continue, j’étire encore plus.
Je me stoppe quelques fois au bout d’1km, mais je tente toujours de courir encore plus.

3ème et dernière alerte

Cette fois, il ne me reste que mes yeux pour pleurer…
Si je ne me stoppe pas 6 semaines, je verrai mon second marathon me passer sous le nez. J’ai déjà mis ma fierté dans un mouchoir bien au fond de ma poche, il faut savoir etre raisonnable.

Pendant mon repos, j’ai pas mal pleuré et beaucoup douté. Ma kinésithérapeute (petite runneuse de son état) m’a fait prendre conscience de mon inconscience. Je ne suis pas une pro et courir comme je le faisais ne pouvait me mener qu’à ça.

Le pire ? Même au bout de 2 semaines de pause je souffrais toujours, au point de boiter. C’est dire qu’il était temps de me stopper.

J’en ai profité pour revoir mes priorités : ma famille.

ma famille

Le « post blessure »

La reprise fut dure, aussi bien moralement que physiquement. Je repartais pour une prepa marathon (oui il me reste toujours un « grain » à soigner)
C’était mon challenge à moi.

Lors de cette reprise, même si c’était fou de ma part de repartir ainsi, je me suis promis qu’à la moindre douleur vive je stopperais. Pour certains je n’ai pas su être raisonnable mais pour moi, je sais que j’ai fait beaucoup.

Je partais juste pour 5kms quelques fois, la veille de mes SL. Soit je ne courais pas, soit un petit 3kms.
Bref pour moi c’était énorme. Je courais encore beaucoup, ms rien de comparable à avant. Je me faisais peur aussi car je devais affronter mon second marathon et ce en 5 semaines de prepa.

Un doute? Depuis ma blessure j’ai changé ma manière de courir et cela a engendré une douleur une genou: le chat qui se mort la queue !
Ma kiné décide de me suivre tout le long de ma prepa et soigne mon genou en meme tps.

Les chronos, la vitesse?
Tout cela je l’ai perdu. Mais j’ai gagné en « gniak » . Je n’ai pas le niveau d’avant, mais ce marathon s’il a du dénivelé je le finirai et au mental vu que mes jambes ne seront pas suffisamment entraînées.
Pour info : j’ai fait mieux que lors de mon premier marathon !

Montre GPS Garmin

Et maintenant ?

J’ai encore du travail à faire (entre temps j’ai fait un semi). Impossible pour moi a me résoudre a ne pas battre mon RP.
Encore une fois post marathon j’ai eue beaucoup de mal à me stopper, mais il y a du mieux.

De honte sans doute, sachant que ce n’était pas bien ( je suis lucide quand même) j’ai fait mon semi en cachette de tous: mumnrun réseau sociaux fb / Ig. J’ai préféré ne rien dire.
Ma prepa a ete brève et je ne me suis inscrite que la veille de ce semi. Je me sentai encore fébrile, j’avais changé ma manière de courir : moins de kms, peu de SL, plus de fractionnés… Mais mes chronos revenant bon, je me suis élancée et battu mon RP !

Finalement ca a du bon cette nouvelle manière d’aborder le running.
Croyez le ou pas, mais mes chronos redeviennent bons alors que je cours moins. Et même si la finalité n’est pas là, cela fait toujours plaisir: on ne va pas se mentir.

Instant J

La grosse blague : je suis en trêve! Oui oui, moi.

Alors je ne vais pas vs l’a faire à l’envers hein. Pause/ trêve pour moi veut dire : toujours courir mais beaucoup moins.
Là par exemple, je pense que je vais tourner à 20kms ( voir 30 au max) cette semaine.

Tres important dans la vie d’un runner, la pause a du bon pour mieux repartir. Le corps a besoin de ce répit, et pour le moment je tiens bon. Je profite de ce sevrage pour faire comme bon me semble, courir quand je veux, si je le veux sans aucune pression. Cette saison est propice car je suis comme nos aînés: je gère très mal la chaleur.

Voilà mon vécu, un petit bout de mon histoire. Un texte un peu long, mais très salvateur pour moi. Car j’ai encore beaucoup d’efforts à faire. J’aime la CAP, mais j’ai décidé de la voir autrement.

Quand je résume une course j’écris souvent:

« Zen, respire et court » ! Faites de même.

1 commentaire sur La blessure

  1. Aurelie, j’ai lu ton article il y a quelques semaines et relu ces derniers jours… Cela m’a fait beaucoup réfléchir.
    Merci d’avoir partager cette ton expérience… Je pense que j’aurais suivi un « mauvais » chemin.
    Emilie.

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